| |
Écrit par Super Utilisateur

NOS COURRIERS

Vote utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Courriers d'AUE31

aux instances et élus

chouette styloV5 WEB

L'AUE31 a écrit à un certain nombre d'instances et élus. Sans être exhautifs, ci-dessous quelques exemples de courriers.

 

Lettre à Mme la Présidente de Région - 9 novembre 2016

Objet : Projet d'implantation d'une usine de méthanisation à Eaunes

Madame la Présidente de Région Occitanie,

Nous, Alerte.Usine.Eaunes31, association Loi 1901 à vocation environnementale, sommes au premier chef conscients de la nécessité et de l'urgence d'une transition énergétique. Nous sommes donc, dans cette visée, favorables à la méthanisation agricole, quand elle s'inscrit dans une logique de filière et de territoire rationnelle et de proximité.

Nous souhaitons cependant vous alerter sur les risques de dérives que peuvent constituer, face à une politique de transition énergétique ambitieuse, certains projets opportunistes dont les initiateurs ont saisi tous les codes porteurs, mais qui s'avèrent, si on s'y intéresse précisément, écologiquement discutables, et ne portent d'agricoles que le nom.

Nous faisons en particulier référence au projet d'une usine de méthanisation à Eaunes porté par M. Pierre Castany, représentant légal de la SAS Les Granges, et sa compagne Mme Vanessa Pallarez.

Outre l'absence totale d'information de la population et des élus des communes concernées — sur laquelle nous reviendrons plus avant — malgré une initiation du projet inscrite très précisément (localisation, nom du porteur) dans des documents officiels dès 2012/2013, ce projet nous semble totalement inacceptable en premier lieu en raison du choix de son implantation. Il s'agit en effet :

  • d'un projet à taille industrielle (site de 13.000 m2 avec 8 digesteurs) classé ATEX - ICPE ;
  • situé sur un terrain en limite de zone inondable et à proximité de la Lèze classée, en contradiction évidente avec les orientations des politiques publiques en la matière (cf. GEMAPI, Charte Natura 2000, Directives SCOT), cette zone ayant été largement dépassée lors de plusieurs inondations notables, comme en 2000 (cf. cartes jointes) ;
  • à proximité immédiate de deux quartiers résidentiels (Flambants à 50 mètres et Cantoperdric), d’une zone commerciale (130 mètres) comptant magasins, restaurants, bars, commerces divers, et à quelques centaines de mètres des centres-villes d'Eaunes et de Lagardelle-sur-Lèze, de leurs crèches, écoles, centres médicaux, clinique, maison de retraite et lieux de vie et d'activité des Eaunois et Lagardellois ;
  • à 11 kms, et surtout à l'opposé des deux centres-villes, du Centre d'intervention et de secours de Muret déjà fortement sollicité.

Nous nous interrogeons aussi très fortement sur le fait qu’un tel projet, à dimension territoriale, puisse se concrétiser très rapidement sans que la population des deux communes, Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze, n'ait été préalablement consultée. Et sans que les porteurs de projet n’aient été en mesure, ces deux derniers mois, suite à la mise en jour du projet par notre association, de rassurer la population tant sur la forme — volonté de concertation avec la population et les élus — que sur le fond — viabilité économique, spécifications techniques dont traitement des nuisances, bonus-malus écologique dans un contexte d’éloignement des filières d’entrants et d’extrants —.

Ce projet a été découvert somme toute par hasard lors d’un forum des associations à Eaunes, le 4 septembre 2016, et ce donc malgré son inscription dans des documents officiels dès 2012. Il a obtenu caution d’une association Eaunes Environnement, qui compte à ce jour moins de 10 membres actifs et au sein duquel le consensus n’est guère assuré. A cette date, aucun des Maires de nos deux communes n’avaient été officiellement informés du projet de Mme Pallarez et M. Castany. Notre association, issue d'un collectif de résidents, est née de l'urgence de cette absence totale d'information des populations et des élus, à l'approche d'un dépôt du dossier en Préfecture.

Au vu des réactions de la population et du manque d’information de nos élus, face à un projet de grande ampleur impactant très directement près de 10.000 habitants dont des centaines résidant à proximité immédiate du site choisi, l’association a lancé une pétition papier fin septembre, puis électronique début octobre. L’association des commerçants d’Eaunes a par ailleurs souhaité le 4 octobre consacrer une de ses réunions régulières à une discussion sur ce projet, conviant en ce sens notre association. Comme vous devez le savoir, la presse s’est rapidement emparée de ce sujet.

Sachez, Madame la Présidente, que la colère et les craintes de la population des communes d'Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze directement concernées, mais aussi des communes voisines, Beaumont-sur-Lèze et Labarthe-sur-Lèze qui se rendent régulièrement à Eaunes, ne font que s'accentuer au vu des informations récemment recueillies.

Le 24 octobre dernier, sous l'impulsion de notre association et en réponse à l'appel des populations, une réunion d'information, qui devait avoir lieu de manière assez confidentielle dans une salle communale de petite taille, s'est finalement tenue devant plus de 400 personnes dont les élus des communes concernées. La présentation qui a été faite par les porteurs de projet (M. Castany et sa compagne Mme Pallarez) et leurs experts n'a fait qu'accroître les craintes et le refus des populations d'un tel projet, pour les principales raisons suivantes :

  • en premier lieu, il est utile de le rappeler, la proximité du site prévu aux lieux de vie des Eaunois et Lagardellois ;
  • une présentation très générique de la méthanisation, sans contextualisation puisque, par exemple dans le cas qui nous concerne, la cogénération de chaleur n'est pas au programme contrairement au schéma présenté dans le dossier, ce qui justifierait la proximité aux lieux de vie ;
  • une absence d'informations techniques sur la configuration de l'usine (la seule information demeurant les 13.000 m2 au sol et les 8 digesteurs), sur les procédés choisis pour gérer les nuisances olfactives, la gestion de flux d'entrants, et nous en passons ;
  • aucune donnée probante sur la fiabilisation de la filière des entrants et des débouchés de compost ;
  • présentation peu rassurante quant à la gestion des risques à moyen-long terme, quand le budget fait apparaître jusqu'à 40% de subventions, pas de fonds propres et un emprunt sur le budget restant (ce qu'aucune banque ne pourrait cautionner pour un quelconque projet personnel ou professionnel), mais comme l'a dit en substance publiquement M. Castany, avouant que sans subventions le projet serait abandonné, c'est une chance que le Public prenne en charge ce qui n'est pas nécessaire ;
  • dilettantisme absolu des porteurs de projet sur la gestion des risques et leur éventuelle formation en la matière ;
  • rires même des porteurs de projet à la présentation d'une vue aérienne, issue de leur propre dossier, qui place de manière absolument surréaliste l'usine en limite exacte de zone inondable (cf. plan présenté par M. Castany ci-joint) ;
  • mépris assumé envers la population et les élus — qui, dixit, n'ont aucun droit puisque les porteurs de projet sont dans leurs droits —.

Devant l'absence totale de professionnalisme des porteurs de projet, le peu de cas fait des questions et craintes de la population, et l'aberration d'un tel projet et de sa localisation — in fine au cœur de deux communes, a distance d'a minima 30-40 kms des sources d'approvisionnement puisqu'aucun entrant n'est disponible sur place et en absence de débouchés probants d'un compost dont la qualité cible n'a pu être précisée par les intervenants —, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Les maires d'Eaunes et de Lagardelle-sur-Lèze ont publiquement et officiellement pris position contre ce projet à cet endroit.

Vous en trouverez trace si nécessaire dans les articles de presse sur le sujet (La dépêche du Midi des 27 octobre et 2 novembre 2016, la Petite République des 27 octobre et 1er novembre 2016, communes de Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze).

Nous avons recueilli à ce jour près de 4.000 signatures sur notre pétition papier contre ce projet. Nous comptons tous les jours davantage d'adhérents et de sympathisants ; et les populations montrent leur impatience à agir contre ce projet.

Il nous semblerait opportun, Madame la Présidente, que ces populations puissent saisir votre souci d'une transition énergétique responsable.

Nous pensons que la transition énergétique exige des plans systémiques qui trouvent cohérence sur les territoires entre productions alternatives d'énergie, consommations raisonnées, protection de l'environnement et respect des personnes. Nous craignons, en revanche, les opportunismes de porteurs de projet qui masquent leur amateurisme derrière des références affichées, qui, si elles accompagnent le projet, n'en auront pas la responsabilité et n'en assureront pas le suivi. Nous craignons, Madame la Présidente, le surpassement de l'intérêt général par les intérêts de quelques-uns.

Nous avons conscience que, comme l'a déclaré publiquement le porteur de projet, les Administrations n'ont pas à être informées plus que nécessaire — ce qui justifierait notamment le peu de transparence d'un projet initié il y a près de quatre ans —, vous puissiez ne pas avoir connaissance d'éléments substantiels sur ce projet, hormis ce qui est nécessaire à son subventionnement. Néanmoins, il est de notre devoir de témoigner de l'opposition extrêmement forte qu'il suscite dans nos communes (à titre de comparaison avec le résultat provisoire de la pétition, Eaunes compte 2000 électeurs). Et il est probable qu'une enquête publique, aussi nécessaire et utile qu'elle soit, ne suffise pas à rassurer les populations.

Nous pensons, Madame la Présidente, que le maintien d'un tel projet, loin de servir la transition énergétique, fait encourir le risque d'une décrédibilisation de la filière méthanisation tout entière. Nous sommes en effet très loin des unités agricoles situées sur les exploitations à proximité des entrants, prônées à juste titre par M. Pierre Labeyrie, lors de son intervention à Lagardelle-sur-Lèze.

Nous osons croire, Madame la Présidente, que l'avis qui sera donné sur ce dossier le sera dans l'intérêt général, le droit constitutionnel des populations "de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé" et dans le sens d'une transition énergétique responsable.

Sachez, Madame la Présidente, que nous nous tenons à votre disposition pour tout échange opportun.

Nous vous remercions de toute l'attention que vous porterez à ce dossier et nous vous prions d'agréer, Madame la Présidente, l'assurance de notre considération distinguée.

Sylvie de Lacheze Murel, Présidente de l'Association Alerte.Usine.Eaunes31

 

Nouvelle lettre à Monsieur le Préfet de Région - 6 novembre 2016

Objet : Nouveaux éléments sur le projet d'usine de méthanisation à Eaunes et suites données à notre courrier en date du 16 octobre

Monsieur le Préfet de Région,

Dans notre courrier en date du 16 octobre 2016, nous vous alertions sur le contexte de mise à jour d'un projet d'usine (Atex – ICPE) de méthanisation à Eaunes :

  • absence totale d'information de la population et des élus des communes concernées malgré une initiation du projet inscrite très précisément (localisation, nom du porteur) dans des documents officiels dès 2012/2013 (cf. notamment Région Midi-Pyrénées et Ordimip) ;
  • projet à taille industrielle (site de 13.000 m2 avec 8 digesteurs) ;
  • situé à moins de 100 mètres de deux quartiers résidentiels conséquents (Flambants à 50 mètres, et Cantoperdric) et de la zone d'activité commerciale comptant magasins, restaurants, bars, et commerces divers ;
  • en limite d'une zone inondable, cette zone ayant été largement dépassée lors de plusieurs inondations notables, comme en 2000 ;
  • à 11 kms, et surtout à l'opposé des deux centres-villes, du Centre d'intervention et de secours de Muret déjà fortement sollicité.

Depuis notre courrier d'octobre, la colère et les craintes de la population des communes d'Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze directement concernées, mais aussi des communes voisines, Beaumont-sur-lèze et Labarthe-sur-Lèze, ne font que s'accentuer au vu des informations récemment recueillies.

Le 24 octobre dernier, sous l'impulsion de notre association et en réponse à l'appel des populations, une réunion d'information, qui devait se tenir de manière assez confidentielle dans une salle communale de petite taille, s'est finalement tenue devant plus de 400 personnes dont les élus des communes concernées. La présentation qui a été faite par les porteurs de projet (M. Castany et sa compagne Mme Pallarez) et leurs experts n'a fait qu'accroître les craintes et le refus des populations d'un tel projet, pour les principales raisons suivantes :

  • en premier lieu, proximité du site prévu aux lieux de vie des Eaunois et Lagardellois (cf. notre précédent courrier et plan en pièces jointes) ;
  • présentation très générique de la méthanisation, sans contextualisation puisque par exemple dans le cas qui nous concerne la cogénération de chaleur n'est pas au programme contrairement au schéma présenté dans le dossier, ce qui justifierait la proximité aux lieux de vie ;
  • absence d'informations techniques sur la configuration de l'usine (la seule information demeurant les 13.000 m2 au sol et les 8 digesteurs), sur les procédés choisis pour gérer les nuisances olfactives, la gestion de flux d'entrants, et nous en passons ;
  • aucune donnée probante sur la fiabilisation de la filière des entrants et des débouchés de compost ;
  • présentation peu rassurante quant à la gestion des risques à moyen-long terme, quand le budget fait apparaître jusqu'à 40% de subventions, pas de fonds propres et un emprunt sur le budget restant (ce qu'aucune banque ne pourrait cautionner pour un quelconque projet personnel ou professionnel) ;
  • dilettantisme absolu des porteurs de projet sur la gestion des risques et leur éventuelle formation en la matière ;
  • rires même des porteurs de projet à la présentation d'une vue aérienne qui place de manière absolument surréaliste l'usine en limite exacte de zone inondable (cf. plan présenté par M. Castany ci-joint) ;
  • mépris assumé envers la population et les élus — qui, dixit, n'ont aucun droit puisque les porteurs de projet sont dans leurs droits —.

Devant l'absence totale de professionnalisme des porteurs de projet, le peu de cas fait des questions et craintes de la population, et l'aberration d'un tel projet et de sa localisation — in fine au cœur de deux communes, a distance d'a minima 30-40 kms des sources d'approvisionnement puisqu'aucun entrant n'est disponible sur place et en absence de débouchés probants d'un compost dont la qualité cible n'a pu être précisée par les intervenants —, projet qui n'est à première vue en rien écologique et n'a d'agricole que le nom, les réactions ne se sont pas faites attendre.

Les maires d'Eaunes et de Lagardelle-sur-Lèze ont publiquement et officiellement pris position contre ce projet à cet endroit.

Vous en trouverez trace si nécessaire dans les articles de presse sur le sujet (La dépêche du Midi des 27 octobre et 2 novembre 2016, la Petite République des 27 octobre et 1er novembre 2016, communes de Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze).

Nous avons recueilli à ce jour plus de 4.000 signatures sur notre pétition papier contre ce projet. Nous comptons tous les jours davantage d'adhérents et de sympathisants ; et les populations montrent leur impatience à agir contre ce projet.

Il nous semblerait opportun, Monsieur le Préfet, que ces populations puissent saisir votre souci d'une transition énergétique responsable. Comme nous l'avons déjà maintes fois dit et écrit, nous sommes conscients de la nécessité de cette transition énergétique. Nous sommes favorables à la méthanisation agricole quand elle s'inscrit dans une logique de filière et de territoire rationnelle et de proximité. Nous pensons que la transition énergétique exige des plans systémiques qui trouvent cohérence sur les territoires entre productions alternatives d'énergie, consommations raisonnées, protection de l'environnement et respect des personnes. Nous craignons en revanche les effets d'annonce, les opportunismes, et le surpassement de l'intérêt général par les intérêts de quelques-uns.

Nous avons conscience que, puisque tel que l'a déclaré publiquement le porteur de projet, les Administrations n'ont pas à être informées plus que nécessaire — ce qui justifierait notamment le peu de transparence d'un projet initié il y a près de quatre ans —, vous puissiez ne pas avoir connaissance d'éléments substantiels sur ce projet. Néanmoins, il est de notre devoir de témoigner de l'opposition extrêmement forte qu'il suscite dans nos communes (à titre de comparaison avec le résultat provisoire de la pétition, Eaunes compte 2000 électeurs). Et il est probable qu'une enquête publique, aussi nécessaire et utile qu'elle soit, ne suffise pas à rassurer les populations.

Nous croyons, Monsieur le Préfet, que l'avis qui sera donné sur ce dossier le sera dans l'intérêt général, le droit constitutionnel des populations "de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé" et dans le sens d'une transition énergétique responsable.

Sachez, Monsieur le Préfet, que nous nous tenons à votre disposition pour tout échange opportun. Nous pensons d'ailleurs utile de vous rencontrez dès que possible.

Nous vous remercions à nouveau de toute l'attention que vous porterez à ce dossier et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet de Région, l'assurance de notre considération distinguée.

Sylvie de Lacheze Murel, Présidente de l'Association Alerte.Usine.Eaunes31

 

Lettre à Monsieur le Député Christophe BORGEL - 2 novembre 2016

Monsieur le Député,

Nous, Association Alerte Usine Eaunes 31, siégeant au 1895 chemin de Beaumont 31600 à Eaunes, sollicitons par la présente votre intervention concernant l’implantation totalement inappropriée d’une usine de méthanisation de grande ampleur par les porteurs de projet Vanessa PALLAREZ et Pierre CASTANY, représentant légal de la SAS LES GRANGES, à Eaunes :

  • sur un terrain en limite de zone inondable et à proximité de la Lèze classée, en contradiction évidente avec les orientations des politiques publiques en la matière (cf. GEMAPI, Charte Natura 2000, Directives SCOT) ;
  • à proximité immédiate de deux quartiers résidentiels (Flambants à 50 mètres et Cantoperdric), d’une zone commerciale (130 mètres), et quelques centaines de mètres de crèches, écoles, centres médicaux, clinique, maison de retraite et de nos centres-villes.

Nous nous interrogeons sur le fait qu’un tel projet, à dimension territoriale, puisse se concrétiser très rapidement sans que la population des deux communes, Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze, n'ait été préalablement consultée. Et sans que les porteurs de projet n’aient été en mesure, ces deux derniers mois, suite à la mise en jour du projet par notre association, de rassurer la population tant sur la forme — volonté de concertation avec la population et les élus — que sur le fond — viabilité économique, spécifications techniques dont traitement des nuisances, bonus-malus écologique dans un contexte d’éloignement des filières d’entrants et d’extrants —.

Ce projet a été découvert somme toute par hasard lors d’un forum des associations de Eaunes, le 4 septembre 2016, alors même qu’il est répertorié dans des documents officiels dès 2012/2013 (pour exemple, Ordimip et Région Midi-Pyrénées). Il a obtenu caution d’une association Eaunes environnement, qui compte à ce jour moins de 10 membres actifs et au sein duquel le consensus n’est guère assuré. Par conséquent, un collectif de résidents de Eaunes, qui deviendra notre association début octobre 2016, a très rapidement rencontré le Maire de Eaunes, M. ESPINOSA, lui remettant un premier dossier d’information sur les enjeux de cette implantation, en date du 17 septembre, dossier déposé deux jours plus tard en mairie de Lagardelle-sur-Lèze. A cette date, aucun des Maires de nos deux communes n’avaient été officiellement informés du projet de Mme PALLAREZ et M. CASTANY.

Au vu des réactions de la population et du manque d’information de nos élus — puisque, les porteurs de projet le reconnaitront plus tard, il ne convenait pas « d’informer les administrations plus que nécessaire » —, face à un projet de grande ampleur impactant très directement près de 10.000 habitants dont des centaines résidant à proximité immédiate du site choisi, l’association a lancé une pétition papier fin septembre, puis électronique début octobre. L’association des commerçants d’Eaunes a par ailleurs souhaité le 4 octobre consacrer une de ces réunions régulières à une discussion sur ce projet, conviant en ce sens notre association. Comme vous devez le savoir, la presse s’est rapidement emparée de ce sujet.

Sans l’intervention de notre association, il est assez probable que la réunion « d’information » à laquelle les porteurs de projet ont participé le 24 octobre à Eaunes, sous l’égide de Eaunes environnement, serait restée très confidentielle. Ce ne fut pas le cas, très heureusement, puisque la population y a participé très largement, ainsi que nos élus locaux.

Pour autant, cette réunion n’a pas rassuré, bien au contraire : pauvreté patente des informations données, flous évidents sur certains aspects liés tant à des éléments purement matériels, qu’aux financements et aux filières d’entrants et extrants, absence de réponse aux questions de la population, étonnement même devant les questions de citoyens informés... Au point, que la presse a titré sur cette réunion d’information très lacunaire, et que surtout les Maires des deux communes, Eaunes et Lagardelle-sur-Lèze, se sont très clairement et publiquement opposés en fin de séance à ce projet à cet endroit.

Le dossier doit selon nos sources être déposé en Préfecture très rapidement, si ce n’est pas déjà le cas.

Les populations de Eaunes, Largardelle-sur-lèze et leurs Maires refusent qu’un tel projet (site de 13.000 m2) soit rendu possible :

  • en premier lieu, à cet endroit ;

et, si un autre site devait être envisagé :

  • sans information de la population en amont ;
  • sans concertation avec les élus ;
  • sans qu’aucune garantie ne soit donnée par les porteurs de projet sur la viabilité de l’usine ;
  • sans qu’aucune garantie ne soit donnée sur la gestion des risques et des nuisances (et sur la formation des porteurs de projet à cette gestion des risques) ;
  • sans qu’une présentation claire de l’approvisionnement en amont à moyen et long termes n’ait pu être donnée, au-delà de statistiques très génériques et très sommaires ;
  • sans que les débouchés de compost soient démontrés (mais plutôt contestés par les agriculteurs en bio soi-disant cible première) ;
  • avec un budget qui repose a priori exclusivement sur les subventions et l’emprunt à hauteur d’environ 40-60% et qui pose fortement question en termes de capacité à absorber, dans le long terme, les coûts les plus importants, ceux relatifs à la gestion des risques et nuisances ;
  • sans qu’un bilan écologique positif de l’opération ait été démontré, l’usine se situant à distance à la fois des entrants et des lieux de débouchés, hormis bien évidemment le biogaz qui semble être la seule question réglée pour 15 ans selon les termes du contrat.

A ce jour, nous comptons plus de 3000 signatures sur la pétition papier qui s’oppose à l’implantation prévue de cette usine. La présentation qui en a été faite devant la population et les élus indique clairement qu’il s’agit non pas d’un projet de méthanisation agricole, ce que nous soutenons totalement dans le cadre d’une transition énergétique nécessaire et responsable, mais bien d’un projet industriel évolutif tant concernant sa capacité de production, confirmée par la présence de 8 digesteurs, que sa taille (200m x 75 m) ; et dont la mise en chantier sans concertation avec le territoire et sans information des Maires semble de droit pour les porteurs de projet.

Par la présente, nous souhaitions aussi, comme nous le faisons auprès de Messieurs les Préfets, vous notifier que l’implantation de cette usine à proximité du cœur de deux communes induit la création d’une zone à risque (ATEX / ICPE) mettant en danger la sécurité, la santé et le bien-être de près de 10.000 habitants, sécurité dont les services de l’Etat sont garants. Par la présente, nous souhaitions vous notifier que nous avons identifié 10 risques majeurs pour la population, dont le plus grave est le risque de mort en cas d'explosion de l'usine. En effet dans ce cas, l'onde de choc générée viendrait très probablement souffler le Supermarché U, situé à proximité directe, dont l'ensemble des façades vitrées et leurs armatures, pourraient, en étant pulvérisées, entrainer des dizaines de blessés graves et des morts. Il est de même, tout à côté, pour la jardinerie Villaverde, le magasin Briconautes et bon nombre d’autres.

Nous nous tenons, Monsieur le Député, à votre disposition, tout comme, nous n’en doutons pas les Maires de nos communes, pour toute information complémentaire ou échanges utiles.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Député, l'assurance de notre considération distinguée.

Sylvie de Lacheze Murel, Présidente de l'Association Alerte.Usine.Eaunes31

 

Lettre à Monsieur le Préfet de Région - 16 octobre 2016

 Objet : Demande d’enquête publique pour le projet d’Usine de Méthanisation SAS LA GRANGE

  Mise à disposition de l’enquête préliminaire sur les différentes nuisances occasionnées par l’usine

Monsieur le Préfet de Région,

Nous, association Alerte Usine Eaunes 31, siégeant au 1895 chemin de Beaumont 31600 à Eaunes, sollicitons par la présente l’intervention de vos services afin qu’une enquête publique soit conduite au sein des communes d’EAUNES et de LAGARDELLE SUR LÈZE, concernant l’implantation d’une usine de méthanisation par les porteurs de projet Vanessa PALLAREZ et Pierre CASTANY, représentant légal de la SAS LES GRANGES.

En effet, nous nous interrogeons sur le fait qu’un tel projet puisse se concrétiser très rapidement sans que la population des deux communes, EAUNES et LAGARDELLE-SUR-LÈZE, n'ait été consultée.

Nous rappelons les faits qui nous mènent à solliciter votre attention :

  • Découverte du projet au forum des associations, le 4 septembre 2016, au complexe sportif
  • Réunion du collectif Alerte Usine Eaunes 31, le 11 septembre 2016
  • Rencontre entre le collectif Alerte Usine Eaunes 31 et M. ESPINOZA, Maire d’Eaunes, le 17 septembre 2016
  • Dépôt de notre dossier de recherches à la mairie de Lagardelle-sur-Lèze, le 19 septembre 2016
  • Lancement d’une pétition auprès de la population concernée, le 24 septembre 2016
  • Création d'une page Facebook le 27 septembre 2016
  • Rencontre entre le collectif Alerte Usine Eaunes 31 et M. NOVAK, Adjoint au maire de Lagardelle-sur-Lèze, le 4 octobre 2016
  • Rencontre avec l'Association des commerçants d'Eaunes, le 4 octobre 2016
  • Création de l’Association Loi 1901 Alerte Usine Eaunes 31, le 9 octobre 2016
  • Création d'une pétition électronique, « alerte.usine.eaune31 » sur Change.org, le 10 octobre 2016
  • Premier article dans la Dépêche du Midi, le 13 Octobre 2016
  • Parallèlement, investigations diverses sur ce projet.

Force est de constater que la population de ces deux communes n’a à aucun moment été sollicitée au sujet de ce projet d’usine de méthanisation, dont on trouve inscription de l’initiation dès 2013 dans des documents officiels ; et qu’elle ne l’a toujours pas été à ce jour, alors même que le dossier définitif doit, selon nos informations, être déposé en Préfecture dans le courant de ce mois d’octobre 2016.

Nous avons obtenu plus de 2000 signatures sur notre pétition en à peine 3 semaines, ce qui constitue une mobilisation exceptionnelle de la population. Et nous continuons à en recevoir plusieurs centaines chaque semaine. Cette pétition vous sera remise en main propre très prochainement.

Nous pensons utile de vous informer qu’en premier lieu les habitants et commerçants des communes précitées, mais aussi nombre de ceux des communes environnantes, ont été choqués en découvrant l'ampleur et la nature de ce futur site industriel. Ils expriment beaucoup d’anxiété face à un tel projet dont l’implantation est prévue sur un terrain agricole situé à 50 mètres des premières zones résidentielles (quartiers des Flambants et de Cantoperdric), à 130 mètres de la Zone d’Activités Commerciales d’Eaunes, à proximité de crèches, écoles, centres médicaux, clinique, maison de retraite et de nos centres-villes. Il nous semble de plus pertinent de porter à votre attention le fait que cette usine serait implantée à proximité d’une zone inondable et de la rivière La Lèze, classée (cf. Loi GEMAPI, Charte Natura 2000, Directives SCOT).

Les habitants et commerçants expriment aussi un fort ressentiment eu égard à l’absence totale d’information, de communication et de consultation sur un projet à dimension territoriale dont ils sont de manière très inquiétante exclus.

En effet, M. Castany s'est rapproché de l'association Eaunes Environnement en veille depuis plusieurs années et ne comptant plus que quatre membres pour cautionner son projet. Au sein de ce qui reste de cette association, et malgré des positions non partagées, quelques individus isolés, à la complaisance assumée, ont considéré que la présentation de quelques extraits du dossier de M. Castany au forum des associations du 4 septembre 2016 — forum qui concerne majoritairement les associations sportives — valait information publique. Nous ne partageons pas cet avis, tout comme l’ensemble des pétitionnaires que nous avons rencontrés, car en effet cette présentation est passée totalement inaperçue.

Nos différentes recherches nous ont permis de découvrir, que ce projet initié donc en 2013, n’est guère, malgré ce que son intitulé pourrait suggérer, un simple projet de méthanisation à la ferme. Il s'agit d'un projet dit de méthanisation territoriale dont les premiers éléments nous laissent à penser qu’il s’apparente davantage à un projet industriel évolutif tant concernant sa capacité de production, confirmée par la présence de 8 digesteurs, que sa taille (usine de 200 mètres de long sur 75 mètres de large), sur lequel encore à notre connaissance aucun acteur des collectivités territoriales ne semble avoir d’informations probantes après trois années d'étude.

Par la présente, nous souhaitons vous notifier que l’implantation de cette usine à proximité du cœur de deux communes induit la création d’une zone à risque (ATEX / ICPE) mettant en danger la sécurité, la santé et le bien-être d’a minima 9.000 habitants, sécurité dont les services de l’Etat sont garants.

Par la présente, nous souhaitons vous notifier que nous avons d’ores et déjà identifié 10 risques majeurs pour la population, dont le plus grave est le risque de mort en cas d'explosion de l'usine. En effet dans ce cas, l'onde de choc générée viendrait très probablement souffler le Supermarché U, situé à proximité directe, dont l'ensemble des façades vitrées et leurs armatures, pourraient, en étant pulvérisées, entrainer des dizaines de blessés graves et des morts. Il est de même, tout à côté, pour la jardinerie Villaverde et les magasins Les pléiades et Briconautes.

Par conséquent, nous vous demandons en première instance de bien vouloir nous transmettre dans les meilleurs délais, l'étude environnementale qui a dû être réalisée il y a deux ans, et l'enquête préliminaire sur les différentes nuisances occasionnées par l’installation de cette usine, avec les noms et adresses des riverains consultés. Nous vous remercions, en outre, de bien vouloir tout mettre en œuvre afin qu’une enquête publique soit réalisée.

Nous vous remercions de l'attention que vous porterez à notre demande et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet de Région, l'assurance de notre considération distinguée.

Sylvie de Lacheze Murel, Présidente de l’Association Alerte.Usine.Eaunes31